La naissance du label JCR Records, du studio d'enregistrement JCR, puis de Blue Lake Records est liée à l'histoire du groupe de rockabilly The Thunder Jets.

En 1994, ce dernier décida qu'il était temps de produire son premier album. Formé en 1993, il se produisait régulièrement en Suisse romande et la demande pour un disque allait croissant.
Comme beaucoup de musiciens, Juan C. Rodriguez, le guitariste chanteur du groupe, s'était intéressé depuis longtemps à l'enregistrement de musique. Peu à peu, il avait acquis du matériel, dont un magnétophone 8 pistes, et avait fait des essais avec des groupes dans lesquels il avait précédemment joué.
Il avait déjà enregistré des démos pour les Thunder Jets à la fin 1993 et ne demandait qu'à acquérir plus d'expérience dans ce domaine. Il allait donc prendre en charge l'enregistrement du disque, avec l'avantage pour le groupe de ne pas devoir payer pour un vrai studio d'enregistrement.

Après avoir acheté un peu de matériel supplémentaire, le groupe enregistra ainsi son CD. La partie mastering fut quand même laissée aux soins d'un vrai studio, dans le souci d'avoir un produit final de meilleure qualité. Au moment de définir un nom de label, Juan utilisa simplement les initiales de son nom.
Le disque sorti à la fin mois de mars 1995, avec la référence JCR Records 001. Malgré qu'il ne disposât d'aucune distribution, les 500 exemplaires du CD furent vendus en 6 mois, lors des nombreux concerts du groupe.

Malgré ce petit succès commercial qui les obligeait à represser leur CD, le groupe commençait à ressentir une sorte de déception. Certes, ils avaient réussi à produire un disque par eux-mêmes de A à Z, mais ils étaient loin d'avoir retrouvé ce qu'ils aimaient, à savoir le son des années 50.
D'autres groupes avaient commencé à sortir des disques qui s'en approchaient. Leur sonorité sale et rugueuse démontrait qu'on pouvait réaliser dans les années 90 des enregistrements plus proches de ce qui se faisait dans les années 50. Tout droit venue de Suède, la mode du " rockabilly authentique " était apparue. Le groupe décida que ses prochains enregistrements devraient aller dans ce sens et qu'ils sortiraient sur vinyl.

Juan appris que les enregistrements du groupe Hot Stuff, réalisés pour leur premier album sur Tail Records, avaient été faits complètement en live avec deux microphones seulement. C'était un bon point de départ et il décida qu'il allait tenter la même chose pour les Thunder Jets.
D'autre part, il lui sembla indispensable d'utiliser autant que possible du matériel à lampes, vu qu'elles était omniprésentes dans l'audio des années 50. Il disposait d'un vieux magnétophone à lampes, un Revox F36, datant du début des années 60 qu'il fit restaurer. Il avait aussi un microphone à lampe Neumann KM 56, un modèle sorti en 1955. Le groupe investit dans un deuxième micro du même modèle et commença à expérimenter. Situé à Montreux, leur local de répétition avait été aménagé des années auparavant par un groupe qui désirait y faire des enregistrements. Il se prêtait donc relativement bien à l'enregistrement d'un groupe live.

Finalement, après quelques séries d'essais, le groupe enregistra et sorti un EP en vinyle de 4 titres qui sorti à l'été 1997 avec la référence JCR Records EP-01.
Avec ce disque apparut également le premier logo JCR Records. La pochette indiquait également que l'enregistrement avait été fait par le JCR recording service.
Très satisfaits du résultat, le groupe était toutefois conscient qu'il serait difficile de vendre ce produit. La plupart des gens qui composaient leur publique habituel, n'avait plus de tourne-disques depuis longtemps. Ils trouvèrent donc un arrangement avec Armadillo Records pour pouvoir bénéficier d'un semblant de distribution dans la scène rockabilly.

A l'été de l'année suivante, les Thunder Jets accompagnèrent Phil Trigwell pour sa tournée en Suisse. Ce fut l'occasion d'enregistrer 4 titres avec le chanteur anglo-suédois qui sortirent sur un nouvel EP, ainsi que sur un CDR. Les Thunder Jets furent ensuite dissous à la fin de l'année 1998.

L'année suivante il fut proposé à Juan de réaliser l'enregistrement du premier album de Mars Attacks pour le label Armadillo Records. Ce fut l'occasion pour le JCR recording service de se profiler en tant que studio d'enregistrement vintage et de se créer l'opportunité d'enregistrer d'autres groupes.
Juan continua aussi à sortir des disques sur le label JCR Records, dont il changea le logo en 2000. Il compléta aussi son matériel par des appareils vintage ou à lampes au fur et à mesure que les occasions se présentaient.

En 2003, le groupe allemand Buffalo Chips devait sortir un EP sur JCR Records. Afin de mieux le promouvoir, il demanda à ce que le disque soit publié avec un " Label Code ". Ce numéro d'enregistrement officiel étant indispensable pour que le disque puisse être passé sur des radios allemandes. L'organisme de gestion de ces numéros, l'IFPI, avertit Juan qu'un code ne pouvait être attribué à JCR Records car un label allemand du même nom existait déjà et s'était déjà enregistré.
Juan décida donc de profiter de l'occasion pour créer un nouveau label dont le nom serait représentatif de sa région : Blue Lake Records. Jörg, le batteur des Buffalo Chips, créa le logo, tandis que le nom et le logo JCR ne seraient plus utilisés que pour le studio d'enregistrement ou éventuellement encore comme label secondaire.

Pour compliquer un peu plus les choses, le studio d'enregistrement dû déménager au même moment que la création du nouveau label. En effet, le local de Montreux était partagé par deux autres groupes de " heavy metal " et la cohabitation devenait de plus en plus difficile. Juan quitta toutefois le local en bon termes avec ses ex-colocataires, on ne sait jamais...
C'est ainsi que le studio JCR s'installa à Vevey, dans des locaux bien aménagés, vu qu'ils avaient déjà été occupés dans le passé par un studio d'enregistrement amateur nommé " Studio Twenty ". En juillet 2003, Mars Attacks fut le premier groupe à inaugurer le studio pour l'enregistrement de son nouvel album pour Armadillo Records.

Blue Lake Records continue aujourd'hui à produire des disques enregistrés par le JCR Studio. Le label se concentre principalement sur le rockabilly joué dans le style des années 50, mais n'exclut pas d'autres genres de musique apparentés. Sa vocation est d'être un hobby dans l'optique de faire vivre cette musique, plutôt qu'une activité commerciale. C'est ainsi qu'il a souvent donné l'opportunité à des groupes peu connus de sortir leur premier disque juste pour le plaisir de partager une expérience rock'n'roll !

Keep on rockin' !